La médiation internationale innovatrice dans le domaine des Entreprises et des Droits de l’Homme
par Elise Groulx, médiatrice certifiée (IMI, IFCM, CNMA et Akordial-Asso)

Médiation Internationale

J’ai récemment mené une médiation impliquant de nombreuses parties autour d’un conflit relatif aux conditions de travail dans le secteur minier. Les travailleurs ayant construit la mine et les mineurs alléguaient avoir été victimes de sévices graves, et pour certains, d’avoir même été sujets à des pratiques s’apparentant à un état d’esclavage.

Les faits étaient compliqués et les versions tout à fait opposées. Il a fallu d’abord écouter attentivement, avec patience et empathie, chacune des parties pour bien comprendre le conflit et tous ses tenants et aboutissants.

Un des premiers défis a consisté à bien prendre le temps de faire comprendre le processus de médiation aux parties, ses règles, son déroulé et ses objectifs. J’ai décrit précisément mon rôle qui consistait à les écouter, à les entendre et aussi à les aider à voir le conflit sous un nouvel éclairage. J’ai insisté sur l’importance de ma neutralité, mon impartialité et mon caractère indépendant de par ma fonction, soulignant que la décision finale ne m’appartenait pas. Je serai le guide qui leur permettrait d’élaborer de manière proactive les meilleures solutions permettant de sortir de ce conflit de manière digne et sereine, et de sentir que tout le monde en sortait gagnant.  

Mon travail de médiatrice

J’ai consacré beaucoup de temps à faire valoir aux parties, en les réunissant collectivement mais aussi en aparté, les bienfaits de la médiation comme processus permettant d’apaiser leurs émotions et donc leur conflit. J’ai essayé de réfléchir avec eux à des solutions créatives qui leur permettraient d’avancer, tout en rappelant que la route choisie ne les contraindrait pas à renoncer à des recours en justice, si elles se croyaient toujours lésées.

Le résultat de cette médiation internationale

Quand les parties ont bien intégré le processus et se sont senties en confiance grâce à la mise en place d’un dialogue constructif, elles ont aspiré à mettre fin au conflit. Elles se sont senties prêtes à faire des compromis pour avancer et mettre fin aux angoisses, aux tensions, et à la confusion propre à un conflit qui perdure.

La réparation a d’abord consisté en une reconnaissance des torts subis par les travailleurs, accompagnée d’excuses publiques de la part de l’entreprise puis par la mise en place d’un système de compensation financière apte à permettre aux employés de se sentir moins lésés, entendus et respectés. La compagnie minière a aussi accepté de mettre en place une formation pour encadrer les forces de sécurité et s’assurer que des pratiques condamnables ne se reproduisent plus.

Conclusion

Cette médiation a été ce que l’on appelle un « win win » en permettant aux parties prenantes de même qu’à l’entreprise de sentir que chacun y avait trouvé son compte. L’entreprise a pu contrer un dommage permanent à sa réputation et éviter des procès coûteux et à n’en plus finir avec beaucoup d’incertitudes. Les parties prenantes, quant à elles, ont pu se faire entendre et obtenir rapidement réparation plutôt que d’attendre des années à travers un long processus judiciaire, trop souvent perçu comme opaque.

En un mot, la médiation mise en place a permis d’apaiser le conflit, et les solutions trouvées n’ont constitué qu’un des piliers qui a fait de cette médiation un processus de transformation.

Elise Groulx